Retour sur la journée Bilan Plan NET

En 2016, Pôle emploi, l’Anact et leurs partenaires lançaient le Plan Numérique Emploi Travail (NET), grâce au soutien des programmes d’investissement d’avenir. Début 2019, ils se réunissaient afin de réaliser le bilan de trois années d’expérimentation en matière d’accompagnement des transformations du marché de l’emploi et du travail.

     

    En réfléchissant ensemble à la création de modalités d’accompagnement innovantes des actifs et des entreprises dans la transformation numérique du marché de l’emploi et du travail, l’Anact et leurs partenaires – Mindmatcher, Monkey Tie, la Fing, WeTechCare et Bayes Impact – ont co-conçu  le Plan Numérique Emploi Travail, avec le soutien du Programme d’investissement d’avenir (PIA) pour l’emploi et la formation.

     

    Constats autour des enjeux liés à l’emploi et au travail

     

    En matière d’emploi, les acteurs embarqués dans le Plan NET ont basé leurs réflexions et construits leurs dispositifs autour de plusieurs constats. Ils ont tout d’abord pu constater un manque de moyens mis en œuvre afin de rendre les demandeurs d’emploi autonomes dans le développement de leur employabilité. Ils ont également constaté une difficulté à adapter la recherche à l’offre du marché de l’emploi, ainsi qu’un manque d’outillage numérique adapté aux jeunes demandeurs – ces points pouvant contribuer à l’isolement des personnes les plus fragiles. L’objectif était donc de créer de nouveaux outils permettant de modifier les postures et de renouveler les pratiques des uns et des autres.

     

    Force était de constater que la transformation numérique impactait également profondément – et silencieusement – l’organisation du travail, en influant notamment sur les pratiques et les normes de management, le rapport au travail des individus, les manières dont ceux-ci collaborent, la façon dont les métiers se transforment… Or, si l’innovation numérique offre l’opportunité de travailler avec plus de flexibilité, d’autonomie et de coopération, elle peut également se traduire par de nouvelles contraintes, de l’intensification et de l’hyper-rationalisation – génératrices de risques pour l’individu et de performance réduite pour l’entreprise. Les concepteurs du Plan NET sont donc partis du postulat selon lequel les organisations ne se posaient peut être pas suffisamment de questions en rapport avec les impacts sociaux et organisationnels générés par leur activité numérique, et qu’il était nécessaire de les accompagner dans l’intégration des enjeux liés à l’amélioration de la qualité de vie au travail. L’objectif consistait à identifier avec eux leurs problématiques de travail, puis d’inventer ensemble de nouveaux modes de collaboration, de nouvelles idées, afin de rendre leur projet socialement acceptables et pérennes.

    Trois ans après avoir donné le jour à Bob emploi et Clic’n Job, au Guide d’orientation des métiers, à Carto Net et au Transformateur Numérique, leurs concepteurs reviennent sur le déploiement de ces dispositifs basés sur de nouvelles formes de médiation.

     

    Retour sur la Journée Bilan Plan NET

     

    Table ronde en présence de J. Bassères – directeur général de Pôle emploi -, K. Agbo – cheffe de la mission anticipation et développement de l’emploi et des compétences de la DGEFP -, F. André – CEO chez Mindmatcher -, P. Duan – fondateur de l’association Bayes Impact -, A. Brugière – responsable du département études capitalisation prospective à l’Anact -, D. Pansu – chargé de mission à la Fing – , P.L. Rolle – directeur adjoint de la mission Société numérique, de l’Agence du numérique -, C. Bougenaux – Directrice adjointe d’Emmaüs Connect pour Wetechcare – et C. Pienne – Directrice UX et digital de Pôle emploi.

     

    En matière d’emploi, les concepteurs du Plan NET se sont dès le départ écartés d’une vision assez répandue, consistant à opposer une approche fondée sur les diplômes, à une approche fondée sur les compétences. Ils ont alors considéré l’entreprise comme un demandeur de compétences, et le chercheur d’emploi comme un offreur de compétences – aptitudes sociales comprises. Ce changement de paradigme a sensiblement transformé le jeu des acteurs. Il a notamment permis à Mindmatcher de faire collaborer – pour son projet Carto Net – des demandeurs d’emploi, des conseillers Pôle emploi et des responsables RH privés afin d’outiller le marché de la compétence.

     

    La plateforme Clicn’ Job – développée par l’association Wetechcare – a quant à elle vu le jour grâce à la collaboration de conseillers en insertion et la participation de jeunes, organisés en focus groupes. Des outils adaptés pédagogiquement aux besoins de cette tranche d’âge ont pu être développés grâce à cette méthodologie. La plateforme a non seulement permis aux jeunes de monter en compétence dans leur recherche d’emploi, mais a également impacté les conseillers – en les formant à l’animation d’ateliers collectifs -, et les dirigeants – en les incitant à utiliser le numérique comme levier d’insertion au sein de leur structure. Ce sont aujourd’hui plus de 250 000 jeunes qui utilisent quotidiennement l’application à des fins d’orientation, de formation et de recherche d’emploi en ligne.

     

    Enfin, avec la mise à disposition par Pôle emploi de données publiques de l’emploi et d’informations relatives au parcours professionnel des demandeurs, l’association Bayes Impact a imaginé Bob emploi, sorte d’assistant artificiel open source proposant au demandeur une stratégie personnalisée, basée sur le diagnostic des forces et faiblesses de son parcours. Cette collaboration entre secteur public et secteur privé a rendu possible l’émergence d’une nouvelle offre de service adaptée à la réalité du marché, puisque basée sur une intermédiation offre / candidat en temps réel. Bob emploi a permis d’accompagner plus de 170 000 personnes à ce jour, avec un taux de retours positifs atteignant les 80%.

     

     

    En matière d’amélioration de la qualité de vie au travail, l’Anact et la Fing se sont orientés quant à eux vers la création d’un dispositif visant à challenger les projets de transformation numérique portés par les offreurs de solutions – tels que Matvisio ou encore Tamashare, présents ce jour-là -, les cabinets conseil en conduite du changement – la Fondation Face, Carewan, Ensemble 1 job… – et les organisations opérant des transformations en interne – le Cnam Paris, Secafi… En s’entourant notamment d’experts en santé et qualité de vie au travail issus des Aract -, ils ont embarqué plus d’une centaine de porteurs de projets – dirigeants, salariés, partenaires, prestataires et clients – au sein d’un dispositif basé sur le coaching et l’intelligence collective.

    Les porteurs de projets ont ainsi pu identifier les principaux freins au développement de leur projet et se projeter dans la mise en œuvre d’actions concrètes pour y remédier. Ils se sont vus à cet effet proposer des accompagnements, des mises en réseau, un fléchage vers des sources de financements ou de partenariats possibles, en fonction de leurs besoins. Parmi les sujets prospectifs marquants, un Transformateur spécial « Communs » a vu le jour en juin 2018, portant sur les diverses formes de « mises en commun » – les collaborations étendues au-delà des frontières des entreprises, les processus d’innovation ouverte ou de coopérations territoriales, les espaces de travail ouverts, proposant des ressources partagées. Les lauréats de cette édition bénéficient à présent du Fact, qui les soutient dans leurs projets d’expérimentation, afin d’impulser une dynamique d’échange et d’action dans le champ de l’amélioration des conditions de travail.

     

    Cliquer ici pour consulter la liste des porteurs de projets du Transformateur Numérique ayant participé à la Journée Bilan du Plan NET.

     

    Yannick Brudieux, président de Tamaplace, lauréat du Transformateur, en pleine démonstration de son projet.

     

    En conclusion

     

    Il ressort des différents dispositifs nés du Plan NET en matière d’emploi et de travail la nécessaire articulation entre médiation technologique, médiation méthodologique et médiation humaine.

    En matière d’emploi, l’accompagnement et la mise en liens de startups avec des spécialistes du sujet, des chercheurs d’emploi et des experts du numérique s’est avérée fondamentale dans la mise en place de ces nouvelles dynamiques. Car c’est bien l’échange des visions, des pratiques et des besoins des uns et des autres qui a rendu possible la création d’outils adaptés à la cible d’utilisateurs. Le challenge est néanmoins loin d’être terminé, les enjeux à venir portant sur le nécessaire besoin d’étendre ces dispositifs, de généraliser les pratiques, en y associant les acteurs les plus réfractaires au numérique. Il s’agit également d’envisager la façon dont ces différents dispositifs peuvent s’inscrire dans la durée, de la façon dont les acteurs s’en saisissent et établissent le lien avec d’autres démarches qui voient le jour actuellement.

    De même, Le Transformateur a effectivement permis de challenger et de renforcer des initiatives faisant appel aux outils et à la culture du numérique. Cet objectif n’aurait pu être atteint sans que se fédère une communauté ouverte au partage d’expériences, au partage de pratiques ; une communauté apprenante, prête à déplacer le curseur et repenser son projet par le prisme de l’amélioration de la qualité de vie au travail. La méthodologie portée par le dispositif y est sans doute pour beaucoup, qui fait appel à l’intelligence collective et au coaching. Grâce aux éditions thématisées, le Transformateur alimente au sein de l’Anact et des Aract un travail continu de capitalisation et de partage des connaissances – mise en place de groupes de travail, mise en abime de leurs propres sujets de recherche. Comptant 10 éditions à son actif, le Transformateur continue à se déployer en 2019 et en 2020. Ses concepteurs réfléchissent par ailleurs au développement d’une offre de diagnostic de la conduite du changement à l’intention des organisations publiques et privées.

     

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